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[CINÉ] La princesse de Ghibli

[CINÉ] La princesse de Ghibli

Pour alimenter mon blog, j'ai décidé d'exhumer des avis publiés voilà bien longtemps sur Ciao et de les remettre en ligne ici, parfois avec quelques modifications.

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Fiction et Histoire se mélangent ...
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L'histoire de ce film prend place dans l'ère Muromachi (1333-1568), période de l'histoire du Japon où le système féodal s'effondre devant les progrès techniques. C'est une époque de grand trouble, où la nature encore sauvage cède de plus en plus de place devant les villes et leurs sources de décadence de la nature. L'écologie est bouleversée: on déboise, on fait disparaître des espèces animales, on pollue au nom du développement du pays, dont la hiérarchie elle même est affaiblie.

Dans ce pays vit un jeune prince, Ashitaka, dont le destin d'héritier devient tout autre un jour, alors qu'il tente de sauver son village, attaqué par un gigantesque sanglier devenu fou de rage à la suite d'une blessure par balle, une blessure par "les démons" comme il est dit dans le film. Les démons, une notion qui revient souvent, en fait il s'agit d'une métaphore de la perversion de la nature et de ses habitants, les balles symbolisant les progrès, les armes à feu étant l'un des plus grands progrès de l'époque.

Blessé, Ashitaka se voit condamné, le mal gagnant petit à petit son corps. Il décide alors de parcourir le pays, recherchant la cause de ce Mal qui le ronge, mais surtout afin de trouver le Dieu-Cerf, seul être capable de la délivrer de cette malédiction.

Déjà, on voit le souci de coller au plus à l'Histoire, en reprenant de grands événements qui ont marqué l'histoire du Japon, tout en mariant à merveille ceci avec les légendes ancestrales, les dieux-animaux et les démons, la Nature qui communique avec les êtres.


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Un périple semé d'embûches et de rencontres
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Au bout d'un long voyage, Ashitaka tombe sur un village fortifié, une petite cité menée de main de maître par Dame Eboshi, qui symbolise donc la Civilisation. Dame Eboshi a une vision utopique de la société moderne, voyant le progrès comme un bien qui profitera à tous. Dans cette cité vivent les paysans sans terre, les femmes, d'anciennes prostituées et des lépreux, en somme des gens rejetés par les autres clans.

On comprend alors l'utopie de ce fonctionnement, chaque clan pensant agir pour la bonne cause, certains que leurs convictions étaient les plus justes. Nombre de films reprennent cette utopie de la vie, mais ici l'animation permet d'accentuer ces traits, de rendre presque caricaturale cette vision du monde moderne, afin de donner au spectateur les éléments pour se rendre compte de l'impossibilité d'un tel fonctionnement, et surtout pour montrer qu'en fait d'égalité, on lutte pour sa propre réussite.

C'est dans ce contexte qu'Ashitaka rencontre San, une jeune fille élevée par une louve géante, Moro. La princesse Mononoké comme on la surnomme est mi humaine mi animale, dans la mesure où elle communique avec la Nature et les animaux. Elle combat le clan d'Eboshi, car celui ci anéantit la forêt pour donner plus de terres aux hommes, mais surtout pour alimenter en bois les énormes forges dans lesquelles travaillent les femmes de la cité.

Si cela ne suffisait pas, les samouraïs, dont la grandeur était en déclin, menait aussi un combat contre Eboshi, en fait il faut voir là le combat entre les traditions et la modernité, puisqu'il semble très difficile de faire cohabiter les deux si on n'y réfléchit pas. EDe plus, ces mêmes samouraïs veulent le Dieu Cerf, dont on dit qu'il détient le secret de la vie éternelle.

Trois camps s'affrontent, et Ashitaka se trouvent en plein dilemme. La société moderne est la cause du déclin de sa famille, autrefois royale, aujourd'hui limitée à quelques villages. Mais au début, la Cité de dame Eboshi lui apparaît comme un espoir de renouveau dans un pays en crise, et il adhère totalement à cette cause. La preuve, il ira jusqu'à donner un coup de main aux forges.


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Choisir sa place, savoir où est le bien ...
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Voilà comment on pourrait qualifier cette histoire. San, la Princesse Mononoké, est partagée entre son amour pour la Nature et son appartenance au monde des Hommes. Elle le voit pourtant comme la source de tous les maux qui affectent la nature, ces démons qui rongent tout, détruisent et gangrènent de plus en plus d' animaux dans la forêt. Le Dieu Sanglier ira même jusqu'à livrer bataille contre les hommes, dans un affrontement sanglant. Un carnage inutile, où l'on sent le désespoir des uns et la toute puissance des armes à feu chez les autres.

Ashitaka verra aussi la situation par les yeux de San, qui saura lui montrer les beautés de la Nature, sa vie, symbolisée par les petits êtres invisibles qui la peuplent. Il s'attachera à cette princesse, belle mais sauvage, mais si libre.


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Je me répète mais ... chef d'oeuvre !
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Princesse Mononoke est un film épique, au scénario riche et fouillé, aux personnages profonds et attachants, si réels. La preuve, je ne crois pas avoir une seule fois parlé de dessin animé mais de film.

La réalisation est somptueuse, les couleurs montrent à elles seules les sensations que doit apporter le dessin: tantôt chatoyantes, tantôt surprenantes (les couleurs éthérées des esprits de la forêt, et surtout du Dieu Cerf, majestueux et imposant). La technique est un atout majeur, les animations étant de grandes qualités (ce n'est pas du Goldorak à 10 images par seconde!).

Mention spéciale à la musique, remarquable orchestration, qui à elle seule m'a valu de regarder de nouveau ce film équipé d'un casque audio pour apprécier ces œuvres de grande qualité.

Ce film peut choquer, par sa violence surtout, mais celle ci semble nécessaire pour décrire la situation dans laquelle on se trouve, montrer qu'il s'agit de désespoir, qu'on est à la fin d'une ère, et que celle qui s'annocne n'est pas aussi belle qu'on le pense. Même si on montre que tout est utopique, on restetoutefois dans le mesage positif, car les messages sont ceux qu'on retrouve souvent dans les oeuvres de Miyasaki: la guerre et son horreur, l'importance de la vie et de tous ceux qui la font.

C'est à mon avis un grand film, qui gagne à être connu de tous, et pas seulement des amateurs d'animation asiatique. On a un discours très noir, violent, mais par dessus tout le message véhiculé est riche, et les émotions sont nombreuses.
Là où Disney apparaît comme le Dieu du dessin animé pour beaucoup, il faudrait peut être penser à varier les plaisirs, et chercher à découvrir des perles moins connues mais ô combien plus belles et avec une âme dont sont dépourvus bon nombre de films d'animation à succès. Heureusement avec le temps, on parle de plus en plus de Ghibli (expositions à Paris, films sortis au cinéma et surtout mis en avant au journal ou autre …).

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